Musée Adrien Dubouché


Le musée de Limoges a été créé en 1845. La Société d'archéologie et d'histoire du Limousin a été fondée par décision du préfet Morisot, avec pour principale mission de rechercher et de conserver au sein du musée les antiquités et les documents historiques existant dans le département de la Haute-Vienne. Ainsi naquit le musée de Limoges, initialement abrité dans les locaux de l'ancienne préfecture.
En 1867, la société d'archéologie et d'histoire demanda que les collections deviennent la propriété de la ville de Limoges. Adrien Dubouché nommé directeur en 1865 s'adressa au maire, afin d'obtenir la jouissance des locaux abandonnés de l'ancien hospice d'aliénés situés sur la place du champ de foire (site actuel du musée).
En reconnaissance de l'oeuvre accomplie par Adrien Dubouché, l'Etat français accepta, en 1881, sur la demande de la municipalité de Limoges, de prendre en charge le musée et l'ensemble de ses collections. Une loi de 1881 transforma le musée, et l'Ecole d'art créée en 1868, en deux institutions nationales. L'Etat, s'engagea alors à édifier un bâtiment adéquat sur le terrain de l'ancien hospice d'aliénés.
Les travaux débutèrent en 1896, sur les plans de l'architecte parisien Henri Mayeux. Le bâtiment fut inauguré en 1900. Construit sur deux niveaux, le musée présente une façade à l'italienne. Le rez-de-chaussée est largement ouvert sur l'extérieur par de grandes baies arrondies, tandis que l'étage, sans fenêtre, présente un mur décoré de sgraffiti et de niches destinées à recevoir les portraits d'illustres limousins.
L'architecte eut recours aux structures métalliques internes, résultat des recherches techniques de l'époque. Les plans témoignent d'une réelle recherche muséographique: les grandes salles du rez-de-chaussée, destinées à présenter les céramiques sont largement éclairées par des baies latérales autour desquelles s'agencent habilement les vitrines. Celles-ci sont conçues de façon très étudiées, privilégiant les façades vitrées au dépend des très discrets montants de bois. Le premier étage dispose d'un éclairage zénithal, de façon à présenter les sculptures et les peintures (aujourd'hui déposées au musée municipal de Limoges).
La décoration intérieure est déjà emprunte du style de l'Art Nouveau et se compose de nombreux motifs naturalistes stylisés, peints ou en mosaïque, sur le plafond, les sols et les entourages de fenêtres.
Le musée est décoré par une série de vitraux réalisés par Marcel Delon. Au premier étage, le visiteur débouche dans le salon d'honneur, large pièce au plafond entièrement recouvert d'une peinture décorative appliquée par l'entreprise Rouillard de Paris. Le sol du hall d'accueil est recouvert d'une belle mosaïque, oeuvre de Guilbert Martin de Saint-Denis.

Adrien Dubouché, un mécène

Le musée porte le nom de ce généreux mécène, mais qui est-il ?
Né à Jarnac (près de Limoges) en 1818, il épousa Ermance Bisquit et entra dans l'entreprise de cognac de son beau-père. Homme d'affaires averti mais aussi amateur d'art éclairé, il consacra ses loisirs à la céramique, trouvant dans les milieux parisiens qu'il fréquentait soutien et encouragements pour ses initiatives.
En 1865, il accepta de prendre la direction du musée. Il fréquenta régulièrement les milieux artistiques parisiens. Dès 1866, il fit don de 400 objets au musée. En 1868, il créa une école d'art qu'il installa dans le même bâtiment que celui du musée, afin que les collections servent de source d'inspiration pour les artistes. A la mort de son ami Albert Jacquemart, spécialiste de la céramique orientale, il racheta sa collection constituée de près de 600 pièces et en fit don au musée. Pour le remercier de son geste généreux, le conseil d'Etat, sur la demande de la ville de Limoges, décida que le musée portât son nom. En 1880, c'est la collection de Paul Gasnault, conservateur du musée des arts décoratifs de Paris, qu'il racheta pour le musée. Ses dons s'élevèrent ainsi à plus de 4000 objets.
En 1881, à la mort d'Adrien Dubouché, le musée et l'école avaient atteint une telle ampleur qu'à la demande de la ville une loi transforma les deux institutions en établissements nationaux et décida la construction d'un nouveau bâtiment.

 - Façade principale

Façade principale

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Spot 6